Il est 11 heures...

Nous faisons quelques achats et en profitons pour découvrir le Centre ville.

Après quelques miles nous arrivons à une ferme auberge.

Des oies criardes nous y accueillent…

L’intérieur, style anglais (photo ci-dessous), est chaleureux.

Puis, avec quelques explications locales, nous quittons Monmouth en passant sous une porte fortifiée médiévale, construite au centre d’un pont.

Première à droite...

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Le lendemain matin se pose une question, redondante à chacune de nos traversées : 

« qui va prendre le volant ? »

Difficile de se départager car mon mari et moi aimons tous deux conduire à gauche…

Cette fois c’est mon tour ! Patrick s’incline, je mets donc la clé dans le neiman et nous voilà partis vers l’Institut.

Autour d’une théière, nous y faisons connaissance avec l‘équipe. Puis, à l’étage, dans le bureau de Mike, nous sommes interrogés sur le parcours de vie et les capacités de Gildas.

Nous sommes libérés un peu plus tôt afin de pouvoir faire quelques provisions que nous réchaufferons sur place dans une petite cuisine au rez-de-chaussée ; de la vaisselle est mise à disposition. . Chaque jour nous déjeunerons ainsi, parfois en compagnie d’une autre famille ; nous avons en effet peu de temps libre puisque l’équipe ne se restaure pas le midi, se contentant de nombreux thés..

L'après-midi est consacré aux compétences physiques de Gildas.

La semaine passe très vite entre les évaluations, les courses du soir, la promenade avant la préparation du dîner au cottage, la télé en soirée qui présente des tournois de billard… le petit déjeuner le matin, le trajet vers le Centre.

« Ce n’est pas des vacances ! »…

Finalement nous repartons avec un premier programme qui comporte moins de répétitions d’activités physiques psychomotrices mais plus d’endurance, moins de patterning mais un renforcement de la conscience du corps, plus de massages.

Nous recevons les premières directives pour enrichir les notions de calcul et aborder parallèlement la multiplication et la division ; en lecture, des phrases encore plus longues seront présentées. Comme en Irlande, une attention particulière est accordée à la nutrition, entre autre à la compatibilité entre les aliments.

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Troisième évaluation.

 

Comme à chaque fin de séjour, Mike, le Directeur du Centre, nous reçoit dans son bureau, et précautionneusement il nous confie, avec un fort accent : « nous connaissons bien Gildas maintenant, nous l’avons bien observé au cours de vos trois séjours et je veux vous poser une question :

vous a-t-on suggéré qu’il pourrait être autiste ? - L’équipe le pense vraiment. ».

Alors revient le souvenir d’un vieux médecin généraliste rennais qui avait formulé cette hypothèse, mais à l’époque, voici 36 ans, on ne parlait pas de ce trouble, il était très méconnu en France, ce diagnostic avait donc été occulté... d’autant qu’un scanner avait décelé des lésions diffuses au cerveau,

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lésions dues aux difficultés de la naissance, aggravées par le fait que la mise sous couveuse avait été tardive (seulement après la troisième réclamation).

Devant le manque de réaction face à son entourage, son indifférence aux bruits, Gildas avait été dirigé vers un Centre spécialisé dans l’audition qui avait conclu à une audition normale ; le médecin avait alors précisé « il s’en fout ».

Aussi pensions nous connaître la cause du retard de Gildas.

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Or, le Professeur Bernadette ROGÉ (Présidente du comité scientifique de l’ARAPI) précise que « les complications périnatales peuvent être à l’origine de lésions cérébrales pouvant entrainer de l’autisme chez les enfants manifestant des risques de cette pathologie dès la naissance ».

 ( Comprendre et agir – 2008 )

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Suite à nos nombreuses formations et colloques scientifiques, nos connais-sances actuelles nous permettent de comprendre que Gildas ait pu manifester des compétences particulières, telles la globalisation et la mémoire qui sont en effet des capacités souvent spécifiques aux personnes avec autisme.

Mais nous comprenons aussi qu’il ait malheureusement hérité d’un manque de motivation entrainant des difficultés de concentration et d’attention…

Face au diagnostic formulé par Mike une question surgit : 

« Mais que peut-on faire pour un autiste ? »

Il nous répond alors que de nombreuses stimulations sont nécessaires, qu’en pays anglo-saxon on pratique une rééducation précoce dès l’âge de 2, 3 ans. Il précise que des méthodes comportementales existent, ABA et TEACCH nées aux Etats-Unis. 

Nous déplorons que Gildas ait hélas perdu 10 années de thérapie…

En effet les structures d’accueil de jour auxquelles il a été confié ne lui ont apporté aucun accompagnement stimulant...

Nous comprenons qu’il faut poursuivre, plus que jamais, avec insistance, la méthode engagée. Les activités physiques s'intensifient

puisqu’elles participent à l’organisation de base du cerveau : 400 mètres de ramper et 500 mètres de 4 pattes par jour.

La marche se diversifie par des niveaux variés, sur des surfaces dissemblables (bitume, gravier, sable, herbe, etc.), avec des mouvements différents, pas chassés, marche à reculons.

Les activités motrices se complexifient par un parcours en slalom entre des bidons, saut sur trampoline avec alternance d’un seul pied.

Les massages s’enrichissent : mains (pour l’amélioration des fonctions manuelles) pieds, visage, stimulations de la bouche avec une attention particulière dans le but d’améliorer la mastication insuffisante de Gildas et de favoriser la production de sons (non verbal…).

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L’activité tactile est maintenue : reconnaissance d’un objet parmi d’autres (bouchon de liège, bille, pince à linge) au fond d’un sac. (reconnaissance par le toucher et la représentation mentale de l’objet).

Amplification des activités intellectuelles :

Gildas apprend à faire la distinction de diverses notions spatiales : devant – derrière – dessus – dessous pour ensuite les appliquer dans des situations concrètes.

Par étape, il découvre la notion du temps : l’année, le mois, la semaine, le jour et ses différents moments (matin, midi, après-midi, soir, nuit).

Il apprend aussi progressivement à lire l’heure sur une horloge à aiguilles (11 heures, 12 heures ou midi) ensuite 20 heures, 24 heures ou minuit puis 8 heures 15 ou et quart, 11 heures 30 ou et demi. L’apprentissage du détail des minutes complète la partie droite de l’horloge (9 h11 – 16 h28).

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Contrairement à notre appréhension, Gildas va acquérir sans difficulté la partie gauche de l'horloge !

(5h35 ou 6h moins 25 – 9h50 ou 10h moins 10).

Inclus dans l’apprentissage, des contrôles réguliers permettent d’évaluer les acquis avant d’augmenter progressivement les difficultés.

Par exemple l’horloge ci-contre est présentée avec trois cartons – 14h46 – 19h15 – 14h36.

Gildas doit alors pointer le bon carton.

Ou à l’inverse, un carton indique 14h36, il lui faut l’associer à l’une des 3 horloges présentées.

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Des petits problèmes sont proposés à Gildas ; ainsi apprendra t-il à calculer dans sa tête.

Une bénévole, Elisabeth, lui prépare chaque semaine une sélection de problèmes en relation avec des exemples concrets très souvent tirés de publicités.

L’exemple ci-contre est très intéressant : il allie en effet la réflexion face à une situation et les mécanismes du calcul mental.

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Bien entendu, l’Euro a été présenté à Gildas et les équivalences ont été progressivement travaillées.

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Une démarche identique a été entreprise avec les pièces.

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de rédaction

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