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Durant 9 années, chaque semaine, par roulement de 3 ou 4 personnes, plus de 80 bénévoles se relaient auprès de Gildas pour l’accompagner dans ses exercices variés.

Fréquence, intensité, durée sont les maîtres mots de cette rééducation.

Les activités de cette rééducation s’enclenchent sur de très courtes durées

(2 à 5 minutes) et concernent les 3 domaines suivants :

- Sensoriel

Au brossage initial ont été ajoutées des applications alternées de poches chaudes et froides sur le corps afin de permettre une meilleure conscience du corps.

Gildas étant très maladroit de ses mains, un programme de tactilité propose la distinction entre le rugueux et le doux (par le toucher) puis la différenciation de textures ou matières, et pour finir, la reconnaissance d’objets cachés dans un sac (conceptualisation).

La production de sons inattendus (effet de surprise) a pour but de créer une réaction réflexe émotionnelle dont il est naturellement dépourvu.

Afin de développer l’attention visuelle, de brefs flashs de forte intensité alternent avec des temps d’obscurité ; ensuite un stylo torche sera utilisé pour obtenir le suivi oculaire de la lumière de droite à gauche et de bas en haut dans le but de développer la concentration visuelle.

- Physique

Dès la deuxième évaluation, Gildas devient actif : il doit lui-même ramper et se déplacer à quatre pattes

(rééducation psychomotrice).

Soutenus par un rythme musical ou des comptines, des exercices lui sont ensuite enseignés :

exercices au sol (rouleaux, galipettes, culbuto, pas chassés), exercices d’équilibre (ballon physiologique, trampoline, poutre), exercices du ‘spatial’ (balançoire, hamac giratoire).  photo ci-contre.

Sans oublier, bien entendu la marche, la course à pied et enfin, le vélo d’appartement (endurance).

Hamac.png

- Cognitif

Le premier travail consiste à collecter des images et à les coller sur des cartons de 25 x  25 cm...

De façon brève et continue les images sont présentées les unes après les autres en étant nommées : « assiette, verre, fourchette, cuillère, couteau » etc.

Par cette présentation en accéléré, le cerveau est stimulé, la mémoire est entrainée. Dans un premier temps il s’agit de la représentation d’objets utilisés quotidiennement par Gildas.

Par la suite des séries lui sont présentées : les vêtements, les fruits, les légumes, les couleurs, les animaux, les chiens, les véhicules, les habitations, les meubles, les sports, les outils, les métiers, les pays, les drapeaux, les tableaux de maîtres, etc.

Ces séries visent aussi à élargir son champ de connaissances, sa vision du monde.

Deux images lui étant proposées, il est entraîné

à toucher le carton correspondant à l’image nommée.

9 fois par jour, 10 cartes de 3 séries différentes lui sont présentées, dans un rythme soutenu.  Chaque jour, une nouvelle carte est introduite en remplacement d’une autre

carton.png

La même démarche est ensuite suivie pour l’apprentissage de la lecture avec des mots en rouge de 8 cm de hauteur, que Gildas doit différencier.

Des phrases correspondant d’abord à des moments de son vécu continuent la progression de son apprentissage. Puis les lettres deviennent noires et leur taille diminue

mots3.png

 Bien évidemment, 

l’introduction de chaque mot nouveau est l’occasion d’une explication

simple et claire.

Gildas n’étant pas verbal, il est très important qu'il apprenne à pointer du doigt dans un but

de communication.

Ainsi lui demande-t-on

de pointer un mot

contenu dans une phrase.

L’étape suivante est un travail sur table avec une guidance verbale :

« regarde l’image, lis les 2 mots, pose le mot sur l’image »

Ainsi, de façon autonome, Gildas doit décrypter l’image et y associer le mot qui la désigne.

L’exercice évoluera avec 2 images pour un mot, 3 mots pour une image, 2 mots pour 3 images, etc

avion.png
un port

?

une gare

?

un aéroport

Étant désormais capable d’associer mots et images, Gildas va être sollicité pour plus de réflexion...

Ainsi, dans une phrase doit-il repérer le verbe d’action (le mot qui indique ce que l’on fait) puis qui le fait ; ensuite il aura à différencier le nom, l’adjectif.

Chaque jour, Gildas apprend aussi le sens de mots nouveaux. Puis, l’exercice de vocabulaire l’oblige à distinguer lequel de ces mots correspond à la définition donnée.

Exemple :   « éviter adroitement »

esquiver

?

hésiter

?

expulser

Passons aux mathématiques...

Question : En trois secondes, pouvez-vous désigner le carton

             sur lequel sont collées 44 gommettes ? >

Gildas a pratiquement toujours réussi cet exercice d’évaluation de quantité des gommettes, cela lui plaisait beaucoup, d’autant que ses succès provoquaient l’enthousiasme des bénévoles !

Difficile pour vous, n’est-ce pas ?

Vous pouvez y retourner une dernière fois avant de voir la réponse quelques lignes plus bas, après quelques explications...

Après quatre années d’entrainement à la reconnaissance d’images et de mots, le Centre propose une activité nouvelle de globalisation de quantités.

Le découpage des cartons est notre premier travail, le premier carton est vierge car il représente le nombre zéro, ensuite une gommette rouge est collée sur un deuxième carton, puis 2 gommettes sur le suivant, et chaque soir les séances de collage se succèdent… jusqu’au dernier carton qui en comptabilise 100.

Chaque jour, à la même heure, une série de 10 cartons est rapidement présentée à Gildas, en prononçant les nombres « trois, quatre, cinq… » etc. Puis 2 cartons lui étant proposés ( 3 , 6 ) on lui dit « 6 » et il doit spontanément montrer le carton correspondant à la quantité 6. Plus tard, l’écart se resserre ( 5 , 6 ) et les quantités augmentent, le choix se complexifie ( 72 , 73 ).

Cet exercice de globalisation des quantités est un moyen pour stimuler son cerveau, développer sa concentration visuelle, et sa mémoire. Les bénévoles, amusés par cet exercice, s’y essaient au moment des pauses ; s’ils réussissent dans les petites quantités, ils sont rapidement dépassés par Gildas dans la vingtaine et très étonnés dans la trentaine, et plus...

Gildas est très fier de ses succès, ses francs sourires en témoignent…

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

Voici donc la réponse >                   Un dernier petit coup d’œil ?

Deux années plus tard, la visualisation des quantités par les gommettes n’étant plus nécessaire, le travail sur les nombres peut commencer. Gildas va rapidement identifier les chiffres de 0 à 9 ; ensuite il aborde la numération jusqu’à 100 avec la compréhension des quantités composées de dizaines et unités. Les notions, avant – après ; plus petit que – plus grand que ; entre ; sont enseignées. Additions et soustractions sont abordées.

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Trois évaluations sont prévues annuellement afin de faire le point et réajuster le programme en fonction des progrès obtenus.

Cette Supervision est un facteur essentiel de progression.

Mais la charge financière est pesante pour les parents ; aussi, au cours d’une réunion de bénévoles est-il envisagé de créer une association.

Vent d’Espoir verra donc le jour le 17 février 1987. Un bénévole en devient le premier Président.

La création de l’Association permet d’ailleurs de bénéficier de réduction auprès de la Brittany Ferries sur les traversées effectuées désormais en Car Ferry trois fois par an.

Désormais la petite sœur de Gildas et mon mari pourront faire partie du voyage ; il sera plus facile d’emporter le matériel de travail de Gildas utilisé pour son évaluation.

Dès la première sortie de l’immense garage du Ferry et le passage de la douane, il nous a fallu abandonner le réflexe de rouler à droite, avec une attention particulière aux ronds points et carrefours.

Et, chose étrange, après une dizaine de miles, la crainte initiale a vite été remplacée le plaisir nouveau de rouler à gauche !

Ferry.png

Ainsi le carton suivant est-il présenté à Gildas :

bateau.png

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La méthode Doman est intensive, exigeante et rigoureuse...

Chaque jour il faut animer 5 équipes de 3 ou 4 bénévoles, il faut enchainer de nombreux exercices variés et minutés, il faut veiller au respect des modes opératoires appris en Irlande et rappeler les consignes (affichage au mur) :

‘’ Travailler dans une pièce calme afin de ne pas énerver Gildas. Lui parler avec   lenteur  clarté  précision. ‘’

Cette méthode demande aussi une bonne organisation, le matériel doit être soigneusement préparé à l’avance (découpage, collage, écriture).

C’est une méthode personnalisée aux aptitudes physiques et cognitives de Gildas ; les thèmes abordés sont souvent choisis en fonction de ses goûts, de son quotidien, mais aussi de l’Actualité, afin qu’il soit davantage motivé.

La méthode prévoit aussi un système de valorisation par des encouragements, des félicitations « bravo » - « génial » avec applaudissements, ou la récompense par un temps de jeux, ce qu’on appelle aujourd’hui le renforçateur.

C’est un réel engagement du cœur pour toute personne participant à cette aventure.

 

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Voici des documents d’époque montrant un planning

et le commentaire qui s’y rattache

Vous remarquerez combien ce planning est structuré, minuté, permettant ainsi de conditionner le cerveau de Gildas aux activités successives à des moments précis de la journée. Cette organisation permet à Gildas d’avoir des repères temporels tout au long de la journée.